C'était bien
Auteurs   Ormesson, Jean d' (Auteur)
Editeur   Gallimard
Année Edition   2003
Collation   250 p.
Format   14x20
ISBN   2-07-076819-8
Langue Edition   français
Langue Origine   français
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Bibliotheque 0004888 R ORM AdulteDisponible
Notes : On éprouve un sentiment curieux, presque un étonnement, une stupéfaction, à débuter la lecture du dernier livre de Jean d'Ormesson en se demandant comment diable il fait pour parler de lui à l'imparfait, temps du passé qui a duré et qui est définitivement révolu. Comment parvient-il à conserver cette distance souveraine face à la mort et au passé ? Rien qui pèse ou qui pose dans ce nouvel opus : le testament de Jean d'Ormesson tient en 250 pages, les chapitres sont nombreux, courts et enlevés. Mais miracle, tout est dit, tout se tient. Les souvenirs y sont délicatement égrenés : l'enfance, bien sûr, le côté du père, de la mère, la société des hommes, brutale et injuste, la lecture réconfortante des bons livres avec Sénèque, Montaigne, Saint-Simon, Proust et puis les femmes, le grand reposoir. Il va sans dire que les mémoires de Jean d'Ormesson sont pétries de délicatesse, d'intelligence et de mesure. On l'imagine écrire comme un oiseau qui prend son envol. Léger, léger. Et devenir lui-même la matière de son livre. Sec et intelligent, ce drôle de moineau ne porte pas son ego en bandoulière comme tant d'autres, mais sous ses pieds ; comme un danseur qui prendrait appel pour mieux s'élancer. Jean d'Ormesson nous annonce qu'il nous quitte et nous prie de nous souvenir d'apprendre enfin à vivre. Sa morale de vie pouvait tenir en trois mots : c'était bien.
Dans cet ouvrage, Jean d'Ormesson se retourne sur son passé et sur une vie déjà longue. Comme chacun d'entre nous, il a été emporté par un temps qui invente tout avant de tout détruire. Il a vécu dans un des siècles les plus sanglants de l'Histoire. Il a assisté au triomphe d'une science porteuse désormais d'autant de craintes que d'espérances. Il a essayé d'être heureux dans un monde où le mal se mêle inextricablement à la recherche du bonheur. Sur cette terre périssable, il a aimé les livres, les femmes et les bains de mer. Les livres ont été la grande affaire de son existence passagère dont il parle avec distance et gratitude. Gratitude envers qui ? Émerveillé par le jeu sans trêve du hasard et de la nécessité, enchanté par un monde qu'il a parcouru d'un bout à l'autre (avec une préférence pour la Méditerranée), il croit en un ordre des choses dont il ignore le sens. Avec une allégresse ironique et un peu mélancolique, il communique au lecteur trois sentiments qu'il éprouve avec force : la stupeur devant l'Univers, l'effroi devant l'Histoire, la ferveur devant la Vie.