La chambre bleue
Auteurs   Simenon, Georges (Auteur)
Edition  Presses de la Cité : Paris , 2002
Collation   188 p.
Format   23x14
ISBN   2-258-06112-1
Langue d'édition   français
Langue d'origine   français
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Bibliotheque 0004514 RP SIM Adulte / Disponible
Notes : Policiers, juge et psychiatre cherchent à comprendre l'étrange comportement de Tony Falcone, après la mort de Nicolas, le mari de sa maîtresse. Ancien ouvrier, fils d'immigré italien à la tête d'une petite entreprise de vente de tracteurs et de machines agricoles, Tony est marié à Gisèle et père d'une petite Marianne. Mais il vivait en secret, il y a quelques mois encore, une relation amoureuse avec Andrée. Etait-il amoureux d'elle ? Il ne peut aujourd'hui l'affirmer. Ses jeudis après-midi, dans la chambre bleue de l'hôtel, dont son frère Vincent est le propriétaire, étaient bercés de "je t'aime" auxquels, il ne savait quoi répondre. Andrée et lui "formaient un tout avec leur corps, leur salive, leur sueur". Des promesses étaient effleurées et surtout des questions restaient sans réponse : "Dis moi, Tony, si je devenais libre ? Tu te rendrais libre aussi ?" À la mort suspecte de Nicolas, Tony est brusquement parti avec sa famille et affirme aujourd'hui, à ceux qui l'interrogent n'avoir jamais reçu les lettres qu'Andrée lui adressait. "Tout va bien", écrivait-elle. Tony sait que, même innocent, il est coupable. Et les jurés s'apprêtent à le condamner. Henry Miller écrivait à propos de Simenon : "Je ne pensais pas qu'il était possible d'être à la fois aussi populaire et aussi bon." Cette pensée du grand écrivain américain illustre parfaitement La Chambre bleue, roman sombre et sensuel. Simenon raconte une histoire ordinaire de gens simples dont la vie sera bouleversée par des espérances d'amour et de désirs inconcevables par ceux-là même qui les rêvent. - Je t'ai fait mal ? - Non. - Tu m'en veux ? - Non. C'était vrai. A ce moment-là, tout était vrai, puisqu'il vivait la scène à l'état brut, sans se poser de questions, sans essayer de comprendre, sans soupçonner qu'il y aurait un jour quelque chose à comprendre. Non seulement tout était vrai, mais tout était réel : lui, la chambre, Andrée qui restait étendue sur le lit dévasté, nue, les cuisses écartées, avec la tache sombre du sexe d'où sourdait un filet de sperme. Etait-il heureux ? Si on le lui avait demandé, il aurait répondu oui sans hésiter. L'idée ne lui venait pas d'en vouloir à Andrée de lui avoir mordu la lèvre. Cela faisait partie d'un tout, comme le reste, et, debout, nu lui aussi, devant le miroir du lavabo, il tapotait sa lèvre avec la serviette imbibée d'eau fraîche. - Ta femme va te poser des questions ? - Je ne crois pas. - Elle t'en pose parfois ? Les mots n'avaient guère d'importance. Ils parlaient pour le plaisir, comme on parle après l'amour, le corps encore sensible, la tête un peu vide. - Tu as un beau dos. Quelques taches roses étoilaient la serviette et, dans la rue, un camion vide rebondissait sur les pavés. Des gens parlaient, à la terrasse. On distinguait des mots par-ci par-là, qui ne formaient pas des phrases et ne voulaient rien dire. - Tu m'aimes, Tony ? - Je crois...

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